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vendredi 5 juin 2026 à 16h

La fin du Placard Brûle !

Le « Placard Brûle » s'arrête, mais la lutte contre toutes les dominations a plus que jamais besoin de flammes !

Et on vous invite à venir fêter ensemble la fin de cette joyeuse aventure, le vendredi 5 juin 2026, de 16h à 20h, à l'Impasse !

Il est des feux qui se tarissent. Des feux, qui, malgré les années, les envies et les perspectives réjouissantes, finissent tout de même à se consumer, à galérer à s'épanouir malgré les nouvelles idées qui tentent de les faire repartir depuis leurs braises. C'est ce qui se passe pour le Placard Brûle, après ces 5 années, ce feu s'étouffe, et nous avons décidé de l'éteindre plutôt que de nous épuiser à tenter de le maintenir. Dans ce texte, on partage les quelques réflexions qui nous ont amenées à prendre cette décision.

Un rapide bout d'histoire

Depuis sa création en 2009, il y a eu beaucoup de changements de fond, de forme et de personnes impliquées. Le PB (Placard Brûle) est né au squat du TDB (Trou D'Balle) à Toulouse, un lieu TransPédésGouines. Le fond de livres, d'archives et de brochures a été accessible pendant 9 ans dans cet endroit, en parallèle d'événements organisés ponctuellement. À la fin du TDB en 2018, le fond a été entreposé dans la cave de l'Obs, un autre squat d'habitation et d'activités. En 2021, quelques personnes se sont retrouvées avec cette envie de ressortir les cartons et de redonner vie à ce projet. C'est à partir de ce moment-là que le PB a commencé à organiser des discussions régulièrement.

Depuis 5 années, le PB est passé par plusieurs squats d'habitations et/ou d'activités : l'Obs, le Blobitch, Euforie et l'Impasse.

Au fil de ces années et de nos réflexions, le projet a beaucoup évolué. On ne va pas revenir ici en détail sur le fond de ce qu'on a porté, car on a déjà écrit un texte en 2024 ("Le fond du Placard Brûle") à ce propos. La composition du collectif a evolué depuis 2021, des personnes sont parties pour différentes raisons, personnelles ou politiques, d'autres sont arrivées.

Nous écrivons ce texte à 4 personnes, actives dans le collectif ces dernières années, et ces mots seront donc partiels et subjectifs sur ce qu'a été cette aventure. D'autant plus que, comme dans tout projet collectif, nos rapports individuels ne sont pas uniformes, et ces quelques réflexions seront donc forcément limitées.

Ce qu'on a tenté

Depuis 2021, on a créé un espace pour faire exister à Toulouse des réflexions, des discussions et des rencontres autour de sujets qui nous importent, pour venir nourrir nos luttes. Ce que nous mettons derrière le mot lutte c'est une critique dans les idées et dans les actes, de l'État, du Capitalisme et de tous les systèmes de domination qui tiennent ce monde tel qu'il est. Et qu'on voudrait détruire.

Cela nous semblait important de créer un endroit détaché des rapports marchands, où les thunes ne sont pas une condition pour participer aux moments ou avoir accès aux idées, mais peuvent par contre être un sujet abordé.

On a participé à diffuser des écrits trop peu visibles et qui nous ont nourri, à travers la brochurothèque et la bibli. Et aussi ouvrir des espaces réguliers pour échanger des idées, apprendre, réfléchir ensemble, s'exprimer nos désaccords, confronter nos vécus et affiner nos positions. Tout ça en essayant de prendre le temps, de sortir de l'urgence de la réaction à l'actualité dans laquelle on est souvent embarqué.e.s.

On a souhaité construire un espace ensemble, sans expert.e.s universitaires ou spécialistes, mais en faisant le pari de partir de nos rapports personnels, et de textes ou de films qu'on trouvait nourrissants et/ou questionnants.

Dans un autre registre on tenait à ne pas faire de la pub ni mettre en avant des individus quelles que soient leurs compétences (ex : artistes, auteur.ice). On a questionné les rapports de pouvoir et d'autorité qui se mettent en place régulièrement aussi dans nos espaces. Et on a refusé de collaborer d'une quelconque manière avec des institutions, des partis ou des syndicats, pour garder vivante l'autonomie des luttes.

Pourquoi on arrête ?

On est 4 personnes différentes, donc forcément on a chacune nos raisons, mais on partage toutes le même constat. Après ces 5 années d'activités plus ou moins régulières, malgré le sens qu'on continue d'y trouver, on a moins d'énergie et de disponibilité pour faire vivre le PB. On a aussi moins d'envies brûlantes de choses à discuter dans ce cadre-là. On fait par ailleurs le constat réjouissant que, ces dernières années, de nombreuses discussions qui nous parlent sont proposées dans le coin de manière autonome, sans besoin nécessairement d'un collectif particulier pour les initier. Et on apprécie d'y participer aussi sans les proposer ! Tout comme de voir des écrits imprimés et diffusés ici et là :)

Ces derniers mois, on a tenté de manière plus ou moins bancale d'ouvrir le collectif à d'autres personnes pour alimenter la dynamique, mais pour diverses raisons ça n'a pas réellement fonctionné.

Alors, plutôt que de tenir un projet à bout de bras , et risquer à terme d'abîmer nos rapports et nos énergies individuelles et collectives, on choisit d'en fêter la fin ! Pour le clôturer d'une manière joyeuse parce qu'on a vraiment kiffé participer à ce projet et rencontrer toutes ces personnes pendant les évènements du PB. On espère que de nombreuses autres flammes continueront de se propager sous d'autres formes, comme c'était le cas bien avant et en parralèle de ce projet ! Et qu'on y contribuera individuellement, parce que les raisons de lutter, malheureusement, ne vont pas manquer dans les temps à venir.

Quelques réflexions en vrac

On s'est dit qu'on avait envie de partager quelques exemples de trucs qui nous ont traversé au fil de cette aventure. Un mélange de contradictions, de limites, et de tentatives qui ont aussi réussi selon nous.

On a kiffé très souvent l'ambiance des discussions. Avec la sensation que la « sauce prend », qu'un sujet est ouvert et que la parole se libère pour beaucoup de personnes présentes, et qui se sentent de la prendre.

Globalement on a eu l'impression que le cadre a permis de sortir de nos zones de confort, de creuser plus loin que les évidences et dépasser les postures théoriques trop souvent déconnectées de la réalité. On a aussi partagé des sujets plus intimes et nos propres contradictions. Tout cela en essayant de faire de la place aussi pour du désaccord, en cherchant à se comprendre au-delà des « bons mots ou codes » qu'il faudrait avoir. Et on a trouvé ça beau, stimulant et hyper nourrissant.

Un truc qui a été fort important pour nous c'était l'accueil, essayer de faire en sorte que les personnes qui venaient se sentent à l'aise. Certaines personnes sont venues à plein d'événements ces 5 dernières années, et d'autres juste une fois, mais en tous cas on a la sensation que ça a été difficile de sortir d'un certain milieu. On aurait aimé diffuser le programme plus largement, que des personnes très différentes puissent savoir que cet espace existait. Et ça nous a fait trop plaisir par exemple que des gens soient venus à une discussion grâce à un programme diffusé dans une salle d'attente.

Cela dit, on n'a pas toujours trouvé l'équilibre entre être ouvert.es et ne pas renvoyer du mépris à des personnes qui ont des idées différentes, et affirmer clairement des positions qui nous tiennent à coeur. Et ça nous a par moments un peu donné l'impression que l'espace collectif pouvait prendre un peu trop la forme d'un groupe de parole, où on accueille tous les points de vue sans jugement, alors que l'objectif du PB reste de mettre en avant certaines idées.

On avait pour objectif de contribuer à s'attaquer aux systèmes de dominations, à toutes les échelles car ils se reproduisent aussi dans nos relations. Nous ne croyons pas possible un changement profond de nos rapports inter-individuels sans la destruction de cette société qui les produit à la chaîne. Dans les discussions, il y a parfois eu une tendance à centrer plutôt sur l'individuel et mettre au second plan le rapport plus général et les perspectives de luttes qui en découlent aussi. Alors qu'on aurait préféré faire plus d'allers retours entre ces différents niveaux.

Il y a eu plusieurs formes qui ont permis des partages différents. Des discussions en grand ou petits groupes, des ateliers, des moments préparés avec une présentation construite et d'autres plus à l'arrache, des cycles thématiques sur plusieurs mois, des supports à lire/écouter/regarder ensemble pour débuter la discut' ou parfois juste une question ouverte… Et plus récemment, des moments de recherches collectives pour apprendre ensemble autour d'un sujet qui nous intéresse.

La diversité de ces modes ont parfois permis de péter un peu l'imaginaire qu'il faudrait être des spécialistes d'un sujet ou d'être un.e militant.e à plein temps pour se sentir légitime de proposer une discussion. Le peu de préparation de certains moments a pu rendre ces discuts peut-être moins cadenassées, plus réappropriables ? Mais on a aussi pu faire le constat que certaines discussions manquaient de fil conducteur ou de recherches. Que ça partait dans tous les sens et qu'on ressortait avec un brouillard un peu flou autour du sujet abordé et peu de prises. Aussi l'impression d'avoir peu de suivi ou d'objectif clair au pourquoi de certaines discussions.

Il y a pas mal de choses qu'on aurait aimé faire, ou faire plus, quelques exemples :

sortir des tables dans la rue avec l'infokiosk, organiser d'autres formes pour les événements (des ateliers, des jeux, des trucs moins cérébraux...), avoir un club de lecture, rendre accessibles les événements à plus de personnes (traduits en LSF par exemple)...

On a trouvé ça trop précieux d'avoir des discussions sur des sujets tellement variés, dont certains existent très peu autour de nous. Et c'était super que des dynamiques commencent au PB et après aient une vie autonome, comme, par exemple, le brunch autour des santés mentales, qui continue de se réunir régulièrement.

On fête la fin!

Et donc on vous invite à venir fêter la fin de cette belle aventure, le 5 juin 2026 à l'Impasse, de 16 à 20h. Ça sera l'occasion de faire des retours, se partager des souvenirs, discuter et clôre ensemble le projet! On ramènera à manger et à boire mais n'hésites pas apporter toi aussi des ptits trucs si t'en as envie !

Pour finir on remercie toutes les personnes qui ont participé, d'une façon ou une autre, ça nous a vraiment beaucoup apporté de partager tous ces moments avec vous!!

Lien : https://toulouse.demosphere.net/rv/35195
Source : message reçu le 18 mai 21h