Réagir (0)Covoiturage EnvoyeriCalPartager

jeudi 12 novembre 2026 à 18h

Femmes victimes de violence: choisir entre les coups et la rue???!!!!

Aujourd'hui, en Haute-Garonne, des femmes victimes de violences conjugales, seules ou avec leurs enfants, se retrouvent à la rue, faute de solution d'hébergement sûre et pérenne.

Sept ans après le Grenelle des violences conjugales, les politiques publiques continuent d'engager les femmes victimes de violences « à briser le silence ». Et briser le silence implique pour un grand nombre d'entre elles de quitter leur domicile.

Mais, depuis plus d'un an, en Haute-Garonne, les femmes, seules ou avec leurs enfants, qui ont besoin d'un hébergement pour sortir des violences conjugales ne sont plus assurées de bénéficier d'une mise à l'abri pérenne et inconditionnelle. Il s'agit d'un recul grave pour les droits des femmes.

Lorsqu'une femme doit quitter en urgence le domicile où elle vit des violences, faute d'autre solution elle est amenée à appeler le 115. Elle peut alors, sous certaines conditions, être orientée vers un accueil d'urgence pour seulement sept jours. A l'issue de cette période, une « commission » mise en place par les services de l'État, décidera si elle continue à être hébergée. Aucun critère de refus ou d'acceptation ne sont communiqués explicitement aux femmes ; ce qui empêche toute voie de recours. Quand les femmes arrivent à passer toutes ces étapes, de nouvelles mesures imposent depuis quelques mois que l'hébergement soit limité à 3 mois, voire à 1 mois, sans aucune assurance de renouvellement, et parfois sous condition de plainte. Sur le terrain nous faisons face à des décisions aléatoires et incompréhensibles.

Derrière ces refus, les conséquences sont bien réelles pour les femmes et leurs enfants :

- À Toulouse, un enfant, face à la détresse de se retrouver à la rue avec sa mère, a appelé l'ex-conjoint de celle ci, en secret, pour le supplier de les reprendre sous son toit, alors même qu'il avait été témoin des violences que cet homme exerçait sur sa mère.

- Une femme et sa fille, qui avaient quitté leur département pour fuir des violences graves et des menaces de mort, se sont vues refuser une mise à l'abri et n'ont eu d'autre choix que de retourner au domicile de l'agresseur

- Une femme qui est contrôlée, insultée, humiliée quotidiennement, qui parvient à quitter le domicile, se retrouve à la rue sans solution avec son enfant car pas considérée suffisamment "en danger" par les services de l'Etat.

- Suite à une escalade de violence conjugale, une femme qui dort dans sa voiture depuis plusieurs jours, se voit proposer des nuitées hôtelières à Toulouse. Ayant un travail en CDI dans le Comminges, il lui est impossible de s'éloigner, elle se voit obligée de retourner vivre chez son agresseur.

D'autres femmes se cherchent des solutions de fortune au risque de subir de nouvelles violences dans la rue ou de la part d'hébergeurs. Ces politiques participent donc à renforcer le pouvoir du conjoint agresseur, son sentiment de toute puissance et met les femmes dans une plus grande vulnérabilité.

Face à cette situation dramatique de nombreuses femmes renoncent à quitter le domicile.

Briser le silence... mais pour aller où ?

Cette situation concerne l'ensemble du département, aussi bien en zone urbaine que rurale. Elle s'inscrit dans un contexte de casse du service public et de crise globale de l'hébergement d'urgence.

Nous demandons le réengagement des services de l'État dans la mise à l'abri systématique, inconditionnelle et pérenne des femmes victimes de violences conjugales, conformément aux orientations des politiques publiques relatives à la lutte contre les violences faites aux femmes

Lien : https://toulouse.demosphere.net/rv/36431
Source : message reçu le 7 novembre 11h